(de janvier à décembre 2026)
Violence éducative, Apologie de la violence
et
Violence des Etats
En janvier 2026, la Cour de Cassation a rappelé le principe de prohibition de la violence physique ou psychologique dans l'éducation des enfants (1). Ce rappel de la loi de 2019 (art 371-1 du Code civil) vient opportunément freiner les ardeurs des partisans de l'éducation "à la dure", faite de coups et d'humiliations, violences verbales, fessées et coups de martinet pour les plus petits et gifles pour les plus grands, pratiques largement répandues dans tous les milieux sociaux depuis des siècles, avec le soutien de l'Etat (gifles à l'école, punitions humiliantes…), de l'Eglise et de la famille. Cette violence peut aussi se pérenniser sournoisement, par exemple par la coupe des cheveux à la mode "légionnaire" ou l'imposition de tenues vestimentaires non désirées par les enfants ou les adolescents y compris à la piscine, contrariétés naturellement variables selon les goûts et la culture de chacun.
Malheureusement, l'apologie de la violence y compris celle contre les animaux, braise ardente qui entretient le feu de la violence entre les humains, imprègne de nombreuses cultures. Chaque Etat vante de manière très sélective les faits guerriers ayant jalonné son histoire plus ou moins chaotique. D'abord la culture occidentale a été subjuguée par Homère et ses récits de violence sans fin détaillés dans l'Iliade et l'Odyssée (pillage, mise en esclavage sexuel des captives dès le plus jeune âge, mise en esclavage des captifs mâles, aristocratie de demi dieux ayant tous les droits sur le reste de la population qui n'existe que pour mettre en valeur l'action violente des héros, sacrifice de vrais animaux dédiés à des dieux imaginaires, carnivorisme ostentatoire et beuveries…). Chacun a pu constater ce que ce triste modèle qui semblait bien convenir à de nombreux aristocrates et aux élites qui en profitaient sans retenue, a donné en Europe avec ses guerres permanentes, ses crimes, ses pillages et ses destructions.
Cette histoire guerrière peu reluisante est en général présentée froidement aux élèves comme si les exactions, les souffrances, les injustices, les pillages, les viols… n'existaient pas. Braves ancêtres qui ont cherché querelle à tout le monde, ferraillé sans relâche avec tous leurs voisins et lâchement rossé les indigènes sur tous les continents. Braves révolutionnaires qui ont promené la tête d'innocents au bout de leurs piques et ont enclenché le génocide des Vendéens. Glorieux Bonaparte qui a porté la mort et la désolation dans l'Europe entière (et en Egypte) pour satisfaire ses lubies guerrières et son ego bouffi. Son bilan macabre est vraiment terrifiant. Aucune de ses réalisations politiques ou sociales ne justifie un tel bilan hélas complaisamment habillé des oripeaux de la gloire par des intellectuels militants… et fortement imprégnés de la culture classique grecque et romaine.
A la différence de la violence individuelle paraissant souvent menaçante pour la tranquillité des citoyens, la violence des Etats bénéficie ainsi d'une grande indulgence. En janvier 2026, la France a succombé une fois de plus au besoin irrépressible de rosser des indigènes en bombardant sans risque en Syrie à partir d'avions hors de portée d'arme anti aérienne, de prétendus dépôts d'armes de l'Etat islamique. Cette opération s'est effectuée en compagnie des forces britanniques dans le cadre de la coalition formée en 2014 par les Etats-Unis contre les militants de l'Etat islamique, coalition qui douze années plus tard commence à faire sérieusement douter de son efficacité (2). Cette gesticulation militaire française risque à l'expérience de susciter des représailles douloureuses sur le territoire national même si elle permet à la France de rechercher fébrilement la reconnaissance de son maître américain ou de tester la précision de nouvelles bombes guidées. Cette éruption de violence lointaine a suscité peu de réaction dans les médias de l'Etat agresseur.
C'est aussi en janvier 2026 que les Etats-Unis ont agressé militairement le Venezuela, Etat riche en pétrole, avec bombardements sur la capitale, massacre de la garde présidentielle et enlèvement du chef de l'Etat vénézuélien et de son épouse aussitôt transférés au Etats-Unis pour être jugé par un tribunal fédéral sur la base d'accusations fantaisistes et variables au fil du temps. Cette opération a naturellement nécessité une forte complicité locale pour que les agresseurs ne constatent ni morts ni blessés dans leurs rangs. Vu le nombre de Vénézuéliens ayant fui le régime de Maduro, chacun imagine bien que les trahisons devaient être plutôt bon marché. A défaut, il est toujours dangereux pour un Etat de s'en prendre directement aux dirigeants d'un autre pays sous peine de rétorsion similaire quasi imparable, et à la portée de tout Etat même le plus modeste.
Les USA ont le culte de la menace et de la violence qu'ils exercent sournoisement partout dans le monde avec assiduité sous les prétextes les plus fallacieux. Cette violence est dans la continuité de celle qu'ils ont exercé depuis le XVIIIe siècle contre les peuples originaires du nord de l'Amérique, finalement exterminés ou parqués dans des réserves. De cette tragique expérience pour les Amérindiens, les citoyens américains gardent un goût immodéré pour les armes à feu dont le deuxième amendement de la constitution voté en 1791 garantit toujours la liberté d'en posséder (3). Pourtant, depuis l'anarchie et la sauvagerie de la conquête de l'Ouest jusqu'à la situation actuelle, l'Etat fédéral et les Etats fédérés se sont considérablement renforcés en matière de maintien de l'ordre et de sécurité publique. On pourrait penser que ceux-ci sont dorénavant en mesure de garantir la sécurité des citoyens, dispensant ainsi ces derniers de posséder une arme pour se défendre.
(1) Cass. Crim. 24-83.360 du 14 janvier 2026. Il n'y a pas de droit de correction parental. L'autorité parentale doit s'exercer sans violence physique ou psychique – art 371-1 du Code civil et art 222-13 du Code pénal.
(2) Et en Afghanistan, 20 ans de présence militaire meurtrière et coûteuse pour finalement partir piteusement dans la débâcle et lâchement laisser revenir au pouvoir le gouvernement taliban persécutant de façon ignoble les femmes et les filles.
(3) "A well regulated Militia, being necessary to the security of a free State, the right of the people to keep and bear Arms, shall not be infringed." (1791)
"Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d'un Etat libre, le droit du peuple de détenir et de porter des armes ne doit pas être transgressé".
A cette époque, la constitution de milices armées était nécessaire à la protection des citoyens faute de structure étatique capable d'assurer cette tâche. Mais le maintien de cette disposition paraît aujourd'hui anachronique. C'est un peu comme si leurs contemporains français des milices de Sans Culottes sous la Convention pouvaient toujours se promener en ville avec leurs piques au cas où ils trouveraient encore quelques têtes à exhiber…
L'agriculture à la croisée des chemins
En février 2026 s'est tenu à Paris le 62e Salon de l'agriculture dans un climat plutôt tendu entre les pouvoirs publics et les agriculteurs. Ces tensions proviennent entre autre de la décision du gouvernement d'abattre la totalité du troupeau de bovins quand un seul sujet est atteint de dermatose nodulaire contagieuse, et de la signature par la Commission européenne du traité Mercosur avec quatre pays d'Amérique du Sud. Ce traité suscite le courroux légitime des agriculteurs puisque les produits importés d'Amérique du Sud bénéficieront de normes plus laxistes que celles imposées aux agriculteurs européens ce qui constitue une concurrence déloyale. Ce mécontentement se traduit notamment par le recours à la violence d'une partie des professionnels.
D'une certaine manière, la violence est consubstantielle à la forme dominante de l'agriculture constituée par l'élevage. Une violence inouïe s'exerce contre les animaux d'abord par la pratique de l'abattoir, au nom d'un prétendu droit des mammifères bipèdes sur la vie des mammifères quadrupèdes, des oiseaux et des poissons. Au début de la chaîne, l'éleveur qui fait naître des animaux pour les massacrer, donneur d'ordre, est encore plus responsable que l'exécutant de l'abattoir. Et à la violence ultime de la mise à mort s'ajoute souvent les mauvais traitements infligés par l'élevage intensif ou les conditions de transport des animaux.
La violence du monde agricole s'acharne aussi contre la nature avec notamment la pollution des sols par les engrais et les pesticides, l'arrachage des haies qui porte atteinte à la biodiversité ou l'épuisement des ressources en eau…
Cette violence s'exerce encore contre les consommateurs approvisionnés en toute connaissance de cause de produits plus ou moins contaminés susceptibles de porter atteinte à leur santé. Et pour couronner le tout, une partie des agriculteurs s'en prend violemment aux contribuables, qui pourtant les soutiennent financièrement à bout de bras, par exemple en portant atteinte à leur liberté de circulation. Prendre en otage les pauvres gens qui financent deux fois l'agriculture, une fois par leurs impôts et une autre fois au supermarché pour remplir leur panier, n'est certes pas une conduite très glorieuse.
Beaucoup d'exploitations ne sont pas rentables et ne survivent que grâce à l'aide des contribuables. Il suffit déjà de consulter la publication obligatoire des aides versées au titre de la Politique Agricole Commune de l'Union européenne pour se rendre compte de l'ampleur de cette dépendance (1). S'y ajoute souvent l'aide intéressée des banques qui contribue à l'endettement des professionnels quand ce n'est pas à leur surendettement, le prix des terres et des matériels de plus en plus sophistiqués ne cessant de grimper.
Le bon chemin, plein de vertu pour l'avenir des générations futures devrait s'inspirer de quatre idées de bon sens :
1- Œuvrer pour la fin de l'abattoir, respectant ainsi l'inclination naturelle des enfants les poussant à respecter le vivant. Ce sont les adultes qui les pervertissent, les incitant à mal se comporter avec les animaux tout en leur dissimulant sournoisement une grande part de la terrible vérité (2).
2- Les aides des contribuables ne devraient s'adresser qu'aux pratiques agricoles vertueuses. Si les cultures bio sont les plus respectueuses de la santé, ce sont alors les seules qui devraient bénéficier de l'aide des contribuables consommateurs. Ces derniers n'ont pas à financer les engrais et pesticides qui pourront nuire à terme à leur vie en bonne santé.
De même, les aides ne devraient bénéficier qu'aux pratiques pleines de sobriété qui aujourd'hui semblent loin du modèle dominant. Ceci exclut notamment le financement par les contribuables de matériels hypersophistiqués toujours plus onéreux entrainant les agriculteurs dans une quête sans fin de la rentabilité.
3- Il faut imposer les mêmes normes aux produits importés qu'aux produits issus de l'agriculture locale. Chacun comprendra la colère des agriculteurs devant l'insouciance des technocrates nationaux ou européens visant à leur imposer une concurrence déloyale.
4- Les terres agricoles par définition non extensibles doivent être défendues contre l'artificialisation des sols, et aussi préservées de l'accaparement par des capitaux étrangers,
Rien n'indique que les élus seront pleins de courage, de sagesse et de clairvoyance pour enfin choisir le chemin de la vertu. Il reste alors aux contribuables/consommateurs à bien réfléchir pour savoir quel avenir ils veulent construire pour leurs enfants.
1) telepac.agriculture.gouv.fr
2) www.L214.com
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